La startup bordelaise Vasco vient de boucler une levée de fonds de 1,7 million d’euros auprès des fonds Aquiti et makesense. Son objectif : proposer une alternative au crédit pour permettre aux propriétaires de financer leurs travaux sans s’endetter.
Rénover sa maison sans contracter de prêt bancaire : c’est le pari de Vasco. Créée à Bordeaux en 2023, la société propose aux propriétaires de financer leurs travaux en utilisant directement la valeur de leur logement.
Après 60 premières rénovations financées, Vasco veut désormais passer à la vitesse supérieure et vise 1 000 opérations par an d’ici 2030.
Financer les travaux en échange d’une part du logement
Le fonctionnement est assez simple. Vasco finance les travaux, pour un montant moyen d’environ 50 000 euros, grâce à une foncière solidaire. En échange, cette dernière acquiert une quote-part du logement. Le propriétaire conserve son logement et son usage, sans crédit et sans mensualités. Il peut ensuite racheter la part détenue par Vasco quand il le souhaite. Si ce n’est pas le cas, l’investissement est dénoué lors de la vente du bien. Une manière différente d’envisager la rénovation, qui s’adresse notamment aux ménages pour lesquels un financement bancaire classique est difficile à obtenir.
Des épargnants pour financer les rénovations
Derrière ce modèle, ce ne sont pas directement les fonds levés par Vasco qui financent les travaux. La société s’appuie sur une foncière solidaire, agréée ESUS et labellisée Finansol.
Les particuliers peuvent investir dans cette foncière avec des montants compris entre 500 et 100 000 euros. Près de 500 épargnants ont déjà investi plus de 4 millions d’euros, avec un objectif de rendement annoncé de 9% par an, intégrant une réduction d’impôt de 25%.
L'idée est donc de faire entrer l'épargne privée dans le financement de la rénovation des logements, alors que les aides publiques connaissent davantage d'incertitudes.
La baisse des aides publiques accélère la demande
Vasco explique avoir connu une forte accélération de son activité en 2025. Les demandes auraient été multipliées par cinq entre le premier semestre, marqué par des aides publiques encore importantes, et le second, après la mise en pause puis la réduction de MaPrimeRénov’.
La société ne se limite d'ailleurs plus à la rénovation énergétique. Elle finance également des travaux de mise aux normes et d'adaptation des logements.
Pour les fondateurs, les difficultés rencontrées par certains propriétaires vont souvent au-delà de la seule question énergétique : toiture, électricité, plomberie ou encore assainissement peuvent nécessiter des travaux importants.
1,7 million d’euros pour changer d’échelle
Cette nouvelle levée de fonds de 1,7 million d’euros, réalisée auprès d’Aquiti et makesense, doit permettre à Vasco de poursuivre son développement.
L’entreprise prévoit notamment de doubler ses effectifs, d’automatiser davantage ses processus et d’accélérer sa communication. L’objectif est ambitieux : multiplier par dix son rythme de financement pour atteindre 1 000 rénovations par an à l’horizon 2030.
Pour les deux investisseurs, le projet répond à un double enjeu : faciliter l’accès à la rénovation pour les ménages tout en contribuant à améliorer la performance énergétique du parc immobilier français.
Une nouvelle façon de financer la rénovation
Avec son modèle, Vasco cherche finalement à faire évoluer une idée très ancrée : pour financer de gros travaux, il faudrait forcément passer par un crédit. La startup bordelaise propose une autre voie, en transformant une partie de la valeur immobilière déjà détenue par les propriétaires en source de financement, tout en leur permettant de rester chez eux.
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