Data center : pourquoi l’arrivée d’Equinix à Bordeaux est stratégique

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Equinix vient d’annoncer la construction à Bordeaux d’un data center baptisé BX1 de 3000 m2, aux performances attendues comme très élevées. Cet acteur international de l’hébergement de données et des services associés arrive ainsi en Gironde avec une infrastructure de pointe. Le sujet est stratégique : on vous explique pourquoi. Découvrez également l’interview de Jean-François Pierron, président de la Commission des Finances de la CCI Bordeaux-Gironde, par Régis Castagné, directeur général d’Equinix France.

Qui est Equinix ?

Fondée en 1998, la société américaine est à la fois opérateur de datacentres et fournisseur de services. Présente sur plus de 50 marchés sur cinq continents, Equinix n’est pas connue du grand public. Pourtant, elle se définit comme « le moteur des leaders mondiaux du numérique ». Parmi ses clients les plus célèbres : Google Cloud, OVH Cloud, Microsoft Azure, Amazon Web Services, Zoom, Oracle, Netflix, Cisco… Son siège français est installé en Ile-de-France, à Saint-Denis. 

Equinix a réalisé un chiffre d’affaires de 6 milliards de dollars en 2020. Le développement du cloud et l’explosion de la donnée portent la société. Elle table sur une croissance de 10 à 11 % cette année. 

Son projet à Bordeaux

Le 4 mars, Equinix a annoncé officiellement la future ouverture de BX1, son premier centre de données à Bordeaux. La finalité : « Permettre aux entreprises sur le territoire français de se connecter rapidement et en toute simplicité aux marchés professionnels les plus importants au monde, y compris à des centres financiers et à des passerelles menant à des économies émergentesVéritable hub de connectivité, le centre offrira aux clients des services d’hébergement d’infrastructures et d’interconnexion sécurisés et résilients, ainsi que l’opportunité de profiter des riches écosystèmes numériques hébergés sur les sites parisiens d’Equinix », explique Equinix. 

Ce datacentre baptisé BX1 est installé à Bruges, au nord de Bordeaux. Ce sera le 10e d’Equinix en France, et le 1erhors d’Ile-de-France. Il promet une surface de près de 3.000 m2 dédiée à l’hébergement d’infrastructures. Equinix met en avant son design modulaire, permettant à la fois une construction et des évolutions ultérieures rapides et faciles. « La consommation d’énergie du bâtiment reposera à 100 % sur des énergies renouvelables », précise le géant américain. 

Equinix investit 32 millions de dollars dans la première tranche. La mise en servie aura lieu en juillet 2021.

Avec Bordeaux, un lien d’Amitié

Pour Equinix, le choix de Bordeaux n’a rien d’anodin. Habituellement, le géant américain s’installe dans des pôles urbains majeurs du globe. Cette fois, il a plusieurs bonnes raisons de poser ses bagages en Gironde dans une métropole intermédiaire. La première de ces raisons porte un joli nom : Amitié, le câble transatlantique qui va déboucher au Porge, à quelques kilomètres de la cité girondine. Cette infrastructure sous-marine, initiée par Facebook, court sur près de 7.000 km. Côté français, c’est Orange qui en est l’opérateur.

Amitié reliera la France aux Etats-Unis mais aussi au Royaume-Uni via une de ses deux branches. Il « créera une nouvelle passerelle européenne pour soutenir le trafic de données entre les Etats-Unis et l’Europe », poursuit Equinix. Ainsi, son centre de données est pensé pour devenir un « hub de connectivité » grâce à Amitié.

câbles sous-marins

Les câbles sous-marins Amitié et Dunant (crédit Orange)

Les autres facteurs du choix bordelais

La création du 10e datacentre français d’Equinix est donc intimement liée à ce câble. Mais pas uniquement ! Au-delà du sujet des câbles sous-marins, Equinix justifie son arrivée par d’autres facteurs :

« Alors que les FLAP (Francfort, Londres, Amsterdam et Paris) restent des plaques tournantes du numérique en Europe, la France jouit d’une position favorable. En effet, de nombreuses villes françaises, comme Bordeaux, se développent plus rapidement que la capitale. Située sur la côte atlantique, à quelques heures au sud-ouest de Paris, Bordeaux abrite des écosystèmes florissants dans les secteurs de l’aérospatiale, du laser, de l’optique ainsi que de la santé numérique et des sciences de la vie. En 2020, elle était l’un des trois plus importants pôles d’attraction de start-ups du pays après Paris. Parmi les autres indicateurs de croissance, on trouve : 

  • L’une des villes françaises à la croissance la plus rapide dans le domaine de l’e-santé et des emplois numériques ; 
  • Première zone métropolitaine de France en matière de création d’entreprises, soit plus de 10.000 nouvelles entreprises créées par an ;
  • Un fort soutien du gouvernement en faveur des start-ups par le biais d’associations et initiatives telles que La French Tech Bordeaux ; 
  • Un important pôle de recherche numérique avec un millier de scientifiques ;
  • Une liaison ferroviaire à grande vitesse avec Paris (en deux heures) ;
  • Une fibre haut débit relativement dense ».

« Le développement de BX1 s’inscrit dans le cadre de notre engagement continu sur le marché français, qui vise à soutenir davantage encore la croissance de l’économie numérique locale et des stratégies de transformation numérique. Il s’agit d’un projet passionnant qui marque la naissance du premier centre de données informatisé de pointe dans la région, et fournit également un hub de connectivité pour le câble Amitié », résume Régis Castagné, directeur général d’Equinix France.

Au-delà du cas spécifique de Bordeaux, Equinix parie aussi sur une plus grande décentralisation des capacités de calcul informatique. C’est l’edge computing : rapprocher les centres de traitement des sources de données afin de gagner en rapidité. « Sous l’impulsion de l’internet des objets, de l’intelligence artificielle et de la 5G, la généralisation de l’edge entraîne un besoin d’installations de plus petite taille et pouvant être construites plus rapidement, afin de répartir les services en dehors des grandes zones métropolitaines », ajoute Equinix.

Retrouvez ici l’interview vidéo de Jean-François Pierron, président de la Commission des Finances de la CCI Bordeaux-Gironde par Régis Castagné, directeur général d’Equinix France.

Pourquoi le sujet est stratégique pour l’écosystème bordelais ?

L’infrastructure qu’est en train de bâtir Equinix promet de très solides performances. Potentiellement, c’est donc tout un écosystème d’entreprises qui peut grandir ou s’installer à proximité : acteurs du cloud, des services financiers, opérateurs télécoms, et plus largement toutes les sociétés qui sont de grandes consommatrices de données et qui ont besoin de vitesse de traitement.

Dans une note de blog, le géant américain approfondit ainsi : « Amitié et un autre câble récemment raccordé (en Vendée, NDLR), Dunant, présentent une capacité supérieure à celle de tous les systèmes de câbles sous-marins transatlantiques existants. L’arrivée de ces méga-câbles près de Bordeaux attirera des opérateurs réseaux dans la région, qui à leur tour feront venir les entreprises en hypercroissance et les fournisseurs de services cloud (…). Par conséquent, les entreprises qui souhaitent se rapprocher de ce nouveau marché numérique chercheront à s’implanter au sein d’une installation à la fois locale et neutre vis-à-vis des opérateurs. » 

 

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