Plan de relance : 7 Md€ pour soutenir la transition numérique

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Le gouvernement a présenté jeudi 3 septembre France Relance, vaste plan de soutien destiné à combattre les conséquences économiques de la crise de la Covid-19. « Nous entrons aujourd’hui dans une nouvelle phase, indique le président de la République Emmanuel Macron : celle de la relance et de la reconstruction. Pour surmonter la crise la plus importante de notre Histoire moderne, pour éviter que ne s’installe le cancer du chômage de masse dont hélas, notre pays a trop longtemps souffert, nous décidons aujourd’hui d’investir massivement. 100 milliards, dont 40 milliards sont issus de financements obtenus de haute lutte auprès de l’Union européenne, seront ainsi injectés dans l’économie dans les mois qui viennent. » 

Ces 100 milliards annoncés doivent être engagés sur la période 2020-2022. Le gouvernement promet également des mesures de simplification mises en œuvre pour une mise en œuvre rapide du plan de relance, (réduction des délais administratifs, accès à la commande publique…) ainsi que la création d’une mission budgétaire unique pour deux ans, pilotée par le ministère de l’Economie, des Finances et de la Relance.

Une enveloppe de 7 milliards d’euros sera consacrée à la transition numérique, dans le cadre de ce plan de relance. Ce dernier a vocation « à accélérer la croissance de l’écosystème de la French Tech et à renforcer notre souveraineté numérique, tant par le soutien au développement de nos start-up que par une plus grande maîtrise des technologies numériques stratégiques, pour un montant total de 3,7 Mds€. Le Programme d’investissements d’avenir 4 consacrera une augmentation de 60% des aides à l’innovation destinées annuellement à la French Tech pour un total de 800 M€ sur 2021 et 2022. Au moins 500 M€ dans le plan de relance (2,5 Mds€ sur 5 ans) seront par ailleurs consacrés en plus au soutien des levées de fonds, et notamment les levées les plus importantes », indique Cédric O, Secrétaire d’État chargé de la Transition numérique et des Communications électroniques, dans un post complet.

Toujours concernant le PIA 4, deux logiques d’intervention sont annoncées, au-delà des interventions en fonds propres via fonds d’investissements ou fonds de fonds : 

  • des investissements exceptionnels sur des filières industrielles ou technologies d’avenir : le numérique, la recherche médicale et les industries de santé, les énergies décarbonées, l’agriculture responsable et la souveraineté alimentaire, les transports et mobilités durables, les villes de demain, l’enseignement numérique, les industries culturelles et créatives.
  • Un soutien au financement pérenne des écosystèmes d’enseignement supérieur, de recherche et d’innnovation

Renforcer les technologies stratégiques et leur adoption

Quantique, cybersécurité, intelligence artificielle, cloud… Au total 2,4 Md€ seront consacrés aux technologies numériques jugées stratégiques pour la place de la France dans le concert mondial. « Le plan de relance permettra ainsi de renforcer notre politique industrielle sur des technologies critiques pour lesquels des défaillances ou des ruptures d’approvisionnement de la part d’acteurs non européens auraient dans le futur des effets systémiques sur l’ensemble de notre économie, particulièrement nos filières industrielles d’excellence (automobile, ferroviaire, aéronautique, santé, etc.), et de notre société », poursuit Cédric O 

Considérée comme une « priorité absolue », l’accès au numérique pour tous bénéficiera d’une enveloppe de 800 millions d’euros, concernant autant les infrastructures (notamment la couverture du territoire par la fibre à horizon 2025) que les usages avec des efforts pour lutter contre la fracture numérique et l’illectronisme.

300 millions seront fléchés vers la formation aux métiers du numérique, 1,7 milliard en direction de la transformation numérique de l’Etat et des territoires. « Ces crédits permettront notamment de financer le déploiement d’une identité numérique de niveau élevé, la modernisation et la sécurisation des infrastructures numériques de l’État, et l’utilisation de technologies numériques de pointe par les administrations », poursuit Cédric O. 400 M€ serviront à accélérer la transformation numérique des entreprises, TPE, PME et ETI. Enfin, près de 200M€ seront consacrés pour accélérer la numérisation des filières aéronautique et automobile dans les plans de soutien qui leur sont dédiés.

Au-delà du seul numérique, un des objectifs de France Relance est de regonfler les fonds propres et quasi-fonds propres des TPE, PME et ETI à travers deux mesures principales :

  • Une action spécifique auprès de certains fonds d’investissement : « Une garantie publique pourra être accordée aux placements financiers qui recevront un label France Relance. Ce label sélectionnera les fonds les plus pertinents pour une reprise durable de l’économie permettant à chacun d’orienter son épargne vers les financements de long terme utiles aux PME et ETI. Ce label sera destiné aux fonds nationaux ou régionaux dont la politique d’investissement favorise, selon une approche d’investissement durable, le renforcement des fonds propres et quasi-fonds propres des entreprises implantées en France. » L’Etat y adossera l’accès à une garantie de fonds propres de Bpifrance à hauteur d’1Md€ d’investissement.
  • 10 à 20 Md€ de prêts participatifs sont annoncés en faveur des TPE, PME et ETI. Prêts de long terme, subordonnés et assimilés à des financements en quasi-fonds propres, ils seront octroyés par les réseaux bancaires. 

L’Etat compte mettre 3 milliards d’euros sur la table mais n’a pas vocation à entrer au capital, il se bornera à garantir les prêts.

Concernant la relocalisation industrielle, un fonds de 400 M€ sera créé pour soutenir les projets d’investissements industriels et une enveloppe de 600 M€ sera mobilisée pour soutenir cinq secteurs jugés stratégiques : la santé, les intrants critiques pour l’industrie, l’électronique, l’agroalimentaire et les applications industrielles de la 5G.

Les acteurs de la e-santé relèveront également l’enveloppe de 1,4 Md€ annoncée sur trois ans pour moderniser les outils numériques en santé et l’inter-opérabilité des systèmes informatiques.

D’autres mesures sont envisagées concernant l’embauche en apprentissage, CDI et CDD de plus de trois mois. En particulier une aide au recrutement d’un profil de moins de 26 ans de maximum 4000 euros pour les contrats conclus entre le 1er août 2020 et le 31 janvier 2021, ainsi qu’une aide de 5000 à 8000 euros pour la première année d’apprentissage.